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Compression - Décompression Bagouet

5 situations chorégraphiques pour 50 danseurs-lycéens

Le projet s'est appuyé sur un extrait de So Schnell, pièce de Dominique Bagouet, que Dominique Jégou a dansé.

En spatialisant les partitions de cette danse sur papier, Dominique Jégou a découvert une complexité d'écriture non transmise aux danseurs par Dominique Bagouet et tout à fait invisible/non perceptible pour les spectateurs qui regardent la pièce sur scène.

Suite à son travail de recherche sur cette oeuvre, il a développé deux types de propositions pour les 50 lycéens option danse de La Roche sur Yon (85), St Herblain (44), Rennes (35) et Falaise (14).

- Tout d'abord une compression qui conserve la « partition » de danse écrite par Dominique Bagouet et en condense l’espace jusqu'à une limite où les danseurs ne peuvent plus bouger, apparemment. Disparition presque totale de l'aspect visuel du mouvement dansé. La partition opère néanmoins "en souterrain", en infra, donnant aux danseurs une direction et une intensité à leur apparente immobilité. Danser du Bagouet sans que cela se voie : un défi, un jeu.

- Ensuite la décompression, dans un second temps. Dissémination in situ de 4 propositions chorégraphiques proposées par Dominique Jégou, en regard de la partition initiale de Dominique Bagouet.  Cela s'est développé dans différents espaces de l'Institut pour la Mémoire de l'Edition Contemporaine (Caen), lieu où sont déposées les archives papier de Bagouet. Et où avait lieu un colloque à son sujet.

Voici les 4 situations chorégraphiques proposées :

• A la présence, dans les chêvres de So schnell, d'un jeu avec les motifs visuels Jacquard - les parents de Dominique Bagouet dirigeaient une usine construisant des pulls Jacquard - Dominique Jégou a répondu par la mise en place, dans le cadre formé par la cour principale de l'abbaye, d'un motif en arborescence, motif floral, qui reprenait des figures bagouetiennes en les traitant comme une montée de sève.
• A la présence dans So Schnell d'une dramaturgie liée au temps, Dominique Jégou a répondu par la chute lente, "infinie", sans accent, des 50 lycéens sur une pelouse en pente.
• A la présence dans So Schnell d'une écriture chorégraphique liée à des modules correspondant à 4 temps musicaux dans la cantate de Bach, Dominique Jégou a proposé une manipulation d'objets standards - des cubes de 40cm de haut - monochromes - plus liés à Mondrian qu'au Pop Art - construisant et déconstruisant de façon simultanée des figures élémentaires : des lignes monochromes, des colonnes polychromes, des binômes : assemblages de cubes 2 par 2, des séparations : mettre les cubes à équidistance les uns des autres, etc.  La consigne de jeu proposée était tenue par chacun "jusqu'à ce que pointe l'ennui". A ce moment là, chacun était libre de faire ce qui lui "passait par la tête". Et de rejouer ensuite - ou pas - avec la consigne de jeu initiale.
• Dominique Jégou a proposé enfin une immersion totale puis partielle d'une danseuse au fond de l'auge du jardin potager, sous l'oeil et les mains d'un danseur qui l'y replongeait régulièrement. Expérience limite de respiration se finissant en rapt. On a aussi vu un vol de sirène butinant des choux ou faisant corps avec certains buissons. Clins d’œil à sa plongée réelle mais autre dans les archives de Dominique Bagouet.